Cette idée, qui circule depuis déjà quelques temps, a été formulée très officiellement par le Secrétaire général adjoint de la CEF chargé des affaires économiques, sociales et juridiques de 2018 à 2024, Ambroise Laurent, dans La Croix :
[…] L’Église n’a plus les moyens de continuer à fonctionner comme par le passé. Mais elle n’est pas condamnée au déclin ; et elle peut renforcer vraiment le souffle et le dynamisme qui l’animent toujours si elle modifie sa manière de fonctionner. Ayant contribué à la gestion de ses affaires économiques, sociales et juridiques, m’exprimant ici à titre personnel, je viens verser au débat deux suggestions concrètes qu’il me semblerait opportun de mettre en œuvre, dès maintenant.
La première serait que l’Église en France ramène ses dépenses courantes au niveau de ses ressources régulières, et même en deçà, afin de retrouver des marges de manœuvre. Celles-ci sont nécessaires pour pouvoir innover, investir et adapter plus avant sa pastorale au monde d’aujourd’hui, marqué par l’individualisme, la digitalisation, la sécularisation.
Or la plupart des diocèses ont un fonctionnement courant déficitaire, car ils entretiennent des structures et un immobilier surdimensionnés. Pour rétablir l’équilibre, il convient de réduire de manière significative les charges dans chacun d’entre eux ; et il faut aussi diminuer le nombre des diocèses. Depuis Napoléon, l’Église est organisée avec un diocèse par département, soit au total une centaine d’Églises particulières (terme canonique), de plus en plus disparates et fragiles : en moyenne à compter du mois d’octobre, leur fonctionnement n’est plus assuré que grâce aux legs qu’elles reçoivent et aux cessions d’actifs.
Ce faisant, le peu de réserves de sécurité dont elles disposent diminue inexorablement. Certaines risquent alors d’affronter de sérieuses difficultés dans les prochaines années. Ce qui est vrai en matière financière l’est aussi en matière de ressources humaines. Nombreux sont les diocèses qui seraient obligés de fermer de multiples paroisses s’ils ne faisaient pas appel à des prêtres venus en nombre croissant de l’étranger pour les animer.
Est-il vraiment envisageable de poursuivre ainsi ? Les évêques et ceux qui les assistent s’épuisent un peu à maintenir à flot une organisation territoriale qui se veut proche de tous mais qui ne permet pas d’enrayer l’attrition. Elle n’est plus bien adaptée à la réalité ecclésiale et sociologique de notre pays, ni aux capacités et moyens dont l’Église dispose. […]
Par quels diocèses commence-t-on ?