
Je l’annonçais samedi dernier dans Présent : « Un déchaînement de la gauche et des féministes en Espagne annonce également un début de bonne nouvelle outre-Pyrénées : un projet de loi limitant l’avortement » allait être approuvé par le gouvernement », alors que l’avortement est un droit en Espagne jusqu’à 14 semaines.
« Les pro-vie espagnols n’ont jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement Rajoy qui avait fait de la remise à plat de la loi une promesse de campagne, réclamant sans complexes l’“avortement zéro”. Le texte préparé par le ministre de la justice, Alberto Ruiz Gallardon, n’ira sans doute pas aussi loin. Mais c’est la ténacité sans concessions des défenseurs de l’enfant qui aura obtenu ce premier pas. »
Le réseau des associations et personnes pro-vie en Espagne, pour une large part fédérée par le site de pression « citoyenne » HazteOir, n’a jamais hésité à appeler un chat, un chat en effet. Pas de circonlocutions lorsqu’il s’agit de dire ce qu’est une « interruption volontaire de la grossesse », comme on l’appelle en Espagne ; ils n’ont cessé de rappeler au parti de Mariano Rajoy que chaque jour qui passait laissait tuer plusieurs centaines de petits être humains dans le ventre de leurs mères et aujourd’hui que l’avant-projet de loi d’Alberto Ruiz-Gallardon, ministre de la justice, est enfin connu et a été adopté en conseil des ministres, ils reviennent encore à la charge en soulignant que chaque instant perdu laisse se poursuivre le massacre.
Politique des petits pas ? Très peu pour eux : ils parlent clair… mais savent en même temps se réjouir avec prudence en voyant que plusieurs mesures prévues par l’avant-projet vont pouvoir limiter le nombre d’avortements, si la loi est adoptée.
On notera les points les plus spectaculaires de l’avant-projet : rétablissement des conditions d’accès à l’avortement, et donc suppression du délai des 14 semaines où toute femme peut librement mettre fin à sa grossesse aux termes de la loi Zapatero, et durcissement de celles qui existent toujours pour les avortements plus tardifs. Ainsi l’avortement eugénique (pour cause de malformation grave ou maladie grave du fœtus) est-il explicitement exclu du champ des conditions. Est maintenu en revanche le risque pour la santé physique ou psychique de la mère, ce dernier critère devant être attesté par deux médecins n’ayant aucun lien avec la clinique d’avortement où elle recherche l’intervention, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent et ouvrait la porte à l’abus au sein de l’abus premier de l’atteinte à la vie. Le risque psychique pouvant être invoqué dans le cas d’une grossesse à problème : l’attente d’un enfant trisomique, par exemple…
De même les mineures ne pourront plus, si la loi est adoptée, accéder anonymement à l’avortement.
Mais si cette repénalisation doit marquer clairement que l’avortement n’est pas un geste anodin, elle garde le principe de sa possibilité en certains cas.
En Grande-Bretagne, une loi assez similaire aboutit à des statistiques effarantes : depuis que la loi existe en 1967, un nombre infime d’avortements ont eu pour motif officiel un risque pour la vie de la mère (moins de 150) mais on atteint quelque 200.000 avortements par an « justifiés » par le risque pour la santé mentale de la mère.
Au-delà du symbole, très fort, de ce refus du statu quo, tout sera donc question de mise en pratique. Car la mise à mort d’un enfant à naître n’est pas refusée par principe.
Et donc, pendant que les féministes et autres politiques « convenables », c’est-à-dire acceptés par le système, s’étranglent d’indignation devant l’avant-projet Ruiz-Gallardon, de nombreux groupes pro-vie espagnols n’hésitent pas à exprimer leur déception en réclamant, comme toujours, « l’avortement zéro ».
D’aucuns seraient tentés de dire qu’ils ne savent pas se contenter du possible, du « positif ». Mais voilà, ils n’ont jamais fait autre chose, et s’ils avaient édulcoré leurs demandes qui visent tout simplement à empêcher tout assassinat légal de l’enfant à naître on n’aurait probablement même pas l’avant-projet actuel.
Que demandent-ils donc ? Pour l’instant : mieux et davantage.
La vigilance d’abord : même si l’avant-projet est « bien engagé », noteHazteOir (qui compte des centaines de milliers de sympathisants), cela est « insuffisant ». « La pression du lobby de l’avortement peut encore le faire dérailler. »
Le texte doit passer en effet entre les mains du Consejo Fiscal, organe d’Etat chargé de veiller à l’unification de l’action du ministère public, du Conseil général du pouvoir judiciaire et du Conseil d’Etat : « Ils peuvent l’améliorer, si nous le demandons ensemble », souligne HazteOir qui lance une pétition à cet effet.
La pétition demande quatre choses :
1. Que le texte comprenne un plan d’aide à la femme enceinte, avec une dotation budgétaire correspondante.
2. Qu’il fasse sortir l’avortement de l’enveloppe des services du Système public de santé.
3. Que le consentement informé comporte la remise à la mère d’une échographie de son enfant.
4. Que le texte ne comporte plus la « passoire » de la loi de 1985 en supprimant l’avortement pour « risque pour la santé de la mère ».
Ce sont des « citoyens éveillés et actifs » qui vont obtenir que la loi Aido (la loi d’avortement du gouvernement Zapatero) soit reléguée dans l’histoire, souligne le site, mais il ne s’agira alors que d’une « première bataille » gagnée : « Nous n’avons pas encore atteint notre but, l’avortement zéro. Le changement demeure toujours trop fragile et les partisans de l’avortement feront tout leur possible dans les prochains mois pour qu’il n’aboutisse pas. »
Je ne vois qu’un seul cas où l’avortement est légitime : Quand la mère porte des embryons en surnombre (jusqu’à douze) et que tous les enfants vont mourir dans son ventre. Elle peut alors faire le choix de n’en garder que trois environs; mais quand au ciel elle se retrouvera devant les neuf autres, elle pourra les regarder dans les yeux.
Je ne vois qu’un seul cas où la GPA est autorisée : Il y a des milliers d’embryons congelés et les éliminer serait un meurtre. La seule solution va être des mères qui accepterons de porter ces embryons.
Le risque de « danger pour la santé psychique ou physique » est beaucoup trop vague et ouvre une boîte de Pandore.
En cas de grossesse extra-utérine, toujours mortelle pour la mère ET l’enfant si on ne fait rien, on pourrait envisager une « césarienne » en ôtant délicatement l’embryon de la mauvaise place où il se trouve avant l’éclatement de la trompe et le réimplanter dans l’utérus pour qu’il s’y développe normalement. Mais est-ce chirurgicalement parlant, possible ? Je n’ai jamais rien lu ni entendu sur cette possibilité.
http://www.ndf.fr/nos-breves/31-12-2013/et-si-la-meilleure-video-pro-vie-de-lannee-etait-cette-pub-pour-coca-cola-en-argentine
qui, en plus est un franc-mac jumelé à Hollande !
pourquoi ne pas montrer cette pétition pour que nous puissions la signer?
C’est tout le temps les hommes qui se plaignent de l’avortement alors que les seules concernées sont les femmes.
l’embryon n’est pas encore conscient donc ce ne peut être considéré comme un meurtre, il est d’ailleurs encore très fortement rattaché à la mère et hyper dépendant de cette dernière.
Oser dire que l’avortement doit être interdit même en cas de décès de la mère est une aberration, cela équivaut à de la non assistance à personne en danger. Faut il vous le rappeler ou la vie n’a pas de sens pour vous ?
Cette pseudo loi restrictive espagnole posera problème en Europe. J’espère sincèrement que l’Europe les secouera pour changer ça.