La crise de l’Église est encore loin d’être terminée et, au sein de celle-ci, les rapports entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X, ne sont pas non plus
réglés. Nouvelle épisode dans cette longue saga qui a débuté en 1974 – épisode certes mineur, mais néanmoins significatif – le passage à la Fraternité Saint-Pie X d’un chanoine de la célèbre
Abbaye Saint-Maurice en Suisse.
La nouvelle a été annoncée par un communiqué de l’Abbé Joseph Roduit dans un communiqué, repris par l’agence de presse internationale APIC. Le chanoine en
question n’était pas n’importe qui. Professeur, aumônier des étudiants, maître des cérémonies, correspondant de plusieurs journaux, dont le quotidien Le Nouvelliste, le chanoine Escher
occupait de nombreuses fonctions et déployait un zèle apprécié. Du côté de ses confréres, c’est la stupeur, d’autant plus qu’il a quitté l’Abbaye à l’insu de son Père Abbé le mardi 29 juin pour
rejoindre Ecône.
Ce départ peut surprendre, surtout sous le pontificat de Benoît XVI. Reste à savoir les raisons exactes qui l’ont motivé, et parmi ces motivations, celles qui
sont uniquement doctrinales et liturgiques. Il serait intéressant de savoir, par exemple, – simple piste à étudier – si le motu proprio Summorum Pontificum a trouvé un semblant
d’application en l’Abbaye Saint-Maurice. Ce chanoine a-t-il voulu retrouver l’antique discipline liturgique et a-t-il rencontré des difficultés pratiques pour le faire ? Ou est-ce seulement
au terme d’une analyse doctrinale sur la crise de l’Église qu’il a décidé le grand saut ?
Tous les ans, des religieux approchent ou rejoignent la Fraternité Saint-Pie X. La même chose est vraie en sens inverse. Souvent ices prêtres transfuges adoptent,
sans difficulté apparente, le nouvel ordo.