Dans un entretien donné à La Nef, Mgr François Touvet, évêque de Fréjus-Toulon, et l’abbé Jean-Raphaël Dubrule, supérieur de la Société des Missionnaires de la Miséricorde divine (SMMD) répondent à plusieurs questions sur les ordinations autorisées pour cet institut et qui sont prévues le 31 octobre prochain à Triors. Ils abordent ainsi la question de l’usage du Missel traditionnel, mais aussi celle relative au nombre de diacres ordonnés prêtres (4 et non 6).
1. Tout d’abord, ils répondent sur la question de l’usage du Vetus ordo:
Qu’est-ce qui bloquait concrètement jusqu’à présent ?
Mgr François Touvet : Une fois levée la suspension des ordinations dans le diocèse, tout le monde voulait avancer. J’ai été nommé à Toulon le 21 novembre 2023 dans un contexte pas banal : les ordinations étaient suspendues depuis juin 2022 (séminaristes diocésains ou membres d’une communauté). La SMMD est une association de droit diocésain, et ses membres ordonnés sont incardinés dans le clergé diocésain. Je ne voulais pas et ne pouvais pas en conscience engager définitivement des séminaristes de la SMMD par l’ordination si je n’avais pas l’assurance qu’ils seraient autorisés, une fois prêtres, à célébrer la messe avec le missel du Vetus Ordo,puisqu’ils étaient entrés dans cette communauté en grande partie pour cela. Or la loi valable pour toute l’Église (le motu proprio du pape François Traditionis Custodes en juillet 2021, sur lequel Léon XIV n’est pas revenu), précise que tout jeune prêtre ordonné depuis, ne peut utiliser l’ancien missel. Il me fallait donc vérifier avec Rome qu’un indult pourrait être émis par le Saint-Siège pour les nouveaux prêtres de la SMMD qui étaient prêts à être ordonnés. C’est ce que j’ai obtenu à l’automne 2025.
Abbé Jean-Raphaël Dubrule : Au début des discussions, nos diacres, s’ils devenaient prêtres, ne pouvaient pas célébrer la messe dans le Vetus Ordo. Ce point était délicat car c’est non seulement la liturgie conforme à nos statuts mais aussi celle pratiquée dans la plupart des apostolats confiés à notre communauté. Certes, nous n’avons jamais eu d’exclusivité stricte et la célébration du Novus Ordo n’est pas incompatible avec nos statuts. Mais l’interdiction de célébrer le Vetus Ordo empêchait nos diacres éventuels futurs prêtres de servir dans notre communauté.
Les futurs prêtres pourront-ils célébrer selon l’ancien missel ?
Mgr François Touvet : Oui, ils bénéficieront d’un indult pour cela. Je l’ai demandé et obtenu. Même s’ils ont une préférence pour l’ancien missel – je le vois bien dans le diocèse – ils célèbrent volontiers avec le missel de Paul VI quand cela est nécessaire (messe à la prison, dans un collège …) et ils concélèbrent volontiers tant au séminaire qu’à la cathédrale et dans les grandes occasions. Pour eux, l’obéissance à Rome est première. C’est exemplaire.
Abbé Jean-Raphaël Dubrule : En effet, et c’est justement ce qui a été le fruit le plus important de tous nos échanges avec les autorités romaines. La liturgie dans l’ancien rit qui nous porte et que nous voyons comme un très beau moyen de mission, notamment auprès de convertis, sera célébrée par les futurs prêtres, sans exclusivisme, comme c’est le cas depuis le début de notre communauté.
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2. Ils répondent à la question de savoir pourquoi 4 prêtres et non 6 seront ordonnés:
Six diacres avaient été ordonnés le 1er décembre 2024. Pourquoi seulement quatre diacres seront finalement ordonnés prêtres ?
Mgr François Touvet : Conformément aux normes établies dans l’Église et au Droit canonique, l’évêque n’appelle aux Ordres qu’après avoir entendu le conseil du séminaire. Pour les membres d’une communauté, il entend aussi le conseil de la communauté. En tenant compte de ces deux avis concordants, et après une consultation élargie, après avoir prié et invoqué le Saint-Esprit, j’ai appelé 4 diacres à devenir prêtres. C’est de ma responsabilité devant Dieu, et je l’assume pleinement.
Abbé Jean-Raphaël Dubrule : Le cheminement vers le sacerdoce est propre à chacun. Une ordination n’est jamais automatique à l’issue du diaconat. C’est le cheminement personnel : parfois cela demande plus de temps, d’autres fois des questions peuvent apparaître. Nous nous adaptons au parcours de chacun.
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