Dans un entretien donné au site AdVaticanum, le cardinal Timothy Radcliffe, ancien Maître de l’Ordre dominicain, s’est exprimé au sujet des catholiques traditionnels et aussi de la situation dans l’Église. Si le prélat met en garde contre les risques de division causés par les questions liturgiques, il reconnaît la souffrance des catholiques attachés à la messe traditionnelle:
Je ressens une profonde sympathie pour les personnes dont l’amour de la messe tridentine les a mises en tension avec la hiérarchie. Certains sont mes amis et je déteste les voir souffrir. Mais il est toujours bon de se rappeler que l’Eucharistie est le sacrement de notre unité en Christ. Je crois donc que le sacrement ne pourra jamais devenir un signe de désunion avec le Corps du Christ. Aussi douloureux que cela puisse être, si l’Église déclare qu’un rite ne doit pas être utilisé, aussi amoureux que l’on puisse être, il ne peut être bon de laisser sa célébration être une source de division.
Il est possible de célébrer le nouveau rite en latin avec beaucoup de dignité et de solennité. Je l’ai fait une fois pour les funérailles d’un de mes cousins. Certaines personnes se sont précipitées ensuite pour me féliciter d’avoir célébré l’ancien rite, et j’ai dû expliquer que c’était le nouveau rite. Ils n’avaient pas su faire la différence. Beaucoup de gens le peuvent, bien sûr.
Une synodalité comme contre-culture
Le cardinal Radcliffe était également interrogé sur la synodalité:
Beaucoup craignent que la synodalité ne conduise au rejet de la tradition de l’Église. Mais ce n’est pas du tout son but. Il ne s’agit pas de se conformer à la modernité, mais de devenir véritablement contre-culturel, opposé à une culture contemporaine qui considère les êtres humains comme des consommateurs. La synodalité nous invite à nous voir les uns les autres comme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, chacun ayant reçu une part de l’Esprit et une parole à partager.
