Des pratiquants des deux principales religions du pays ont, mercredi soir, partagé un repas.
Une douzaine de musulmans se sont retrouvés dans le cadre inhabituel d’un tiers-lieu animé par le mouvement de laïcs chrétiens Fondacio à Angers : une salle de réunion, avec ses néons blancs et sa moquette grise. Les participants venaient de faire connaissance autour d’un jeu de questions-réponses. Fait rare cette année, le ramadan et le carême ont débuté en même temps, le 18 février, dans une concordance qui ne se reproduira pas avant trente-trois ans.
Après quelques minutes de prière islamique, à table, musulmans et chrétiens défilent devant le buffet préparé pour l’iftar, le repas clôturant chaque journée d’abstinence durant le ramadan. Consigne a été donnée d’apporter des plats « halal » pour un « repas fraternel partagé ». Les chrétiens se sont soumis à la pratique musulmane.
L’un des participants, Guillaume Hervier, converti à l’islam depuis une quinzaine d’années, raconte avoir trouvé « magnifique » le fait de « pouvoir prier et prononcer ‘Allahou Akbar’ devant des Patrick et des Christophe ».
Cécile Goyallon, bénévole de Fondacio, raconte avoir entamé son carême « dans une forme de communion » avec le ramadan, à la faveur de la concomitance des calendriers. Avec son mari Michel, en tant que famille d’accueil de demandeurs d’asile, elle a abrité sous son toit une femme tchadienne.
