Le JDD a consacré un article à la Fraternité Saint-Pierre « un des piliers du renouveau traditionaliste » :
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) est une société de vie apostolique de droit pontifical. Sous ces termes qui peuvent sembler obscurs, l’on retrouve une communauté traditionnelle de prêtres, fondée au sein de l’Église catholique. Son objectif principal est la formation de prêtres selon la tradition liturgique romaine. Mais aussi l’action pastorale dans des apostolats variés : messes, sacrements, catéchisme, retraites, pèlerinages… Contrairement aux sédévacantistes, qui ne reconnaissent pas l’autorité du pape, la Fraternité Saint-Pierre agit, elle, en pleine communion avec le Saint-Siège.
L’histoire de la FSSP commence lors de la grave crise qui a traversé l’Église après le concile Vatican II. Ce concile, réuni afin de répondre à des questionnements cruciaux, a débouché sur des recommandations nombreuses qui ont donné lieu à des interprétations parfois extrêmes. Une partie de l’Église s’est ainsi tournée vers un progressisme ardent, jetant à terre des siècles de tradition. Manifestation la plus visible des changements induits par le concile : l’abandon de la messe tridentine, pour la messe dite « Paul VI », célébrée dos au tabernacle.
C’est afin de sauvegarder cette tradition de l’Église catholique que Monseigneur Lefebvre crée la Fraternité Saint-Pie X (SSPX) en 1970. En 1988, Monseigneur Lefebvre consacre quatre évêques sans mandat papal, se plaçant de facto en situation d’excommunication. La rupture avec Rome est actée. Une douzaine de prêtres et une vingtaine de séminaristes décident alors de quitter la SSPX. Et c’est le 18 juillet 1988, à l’abbaye de Hauterive en Suisse, qu’est fondée la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), avec le soutien du cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI).
La FSSP a la même vocation que la SSPX, mais manifeste par son départ de la SSPX son souhait de rester au sein de l’Église catholique. Le 18 octobre 1988, le pape Jean-Paul II érige la fraternité par décret via la Commission Ecclesia Dei. En 2021, coup de tonnerre. Le pape François publie le Motu proprio Traditionis Custodes, qui remet en cause le fragile équilibre entre « tradis » et « modernistes » au sein de l’Église. Mais par un décret du 11 février 2022, le même pape confirme pour les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) le droit d’utiliser les livres liturgiques en vigueur en 1962.
Aujourd’hui, la FSSP connaît une croissance soutenue. En 2025, elle compte environ 387 prêtres, 30 diacres et 182 séminaristes, pour un total de près de 579 membres. Elle est implantée dans 147 diocèses à travers le monde, couvrant une vingtaine de pays sur quatre continents, dont l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et l’Océanie. Ses deux séminaires internationaux se trouvent à Wigratzbad (Allemagne) et à Denton (États-Unis), où des dizaines de séminaristes sont formées selon la doctrine de saint Thomas d’Aquin.
En France, « Fille aînée de l’Église », la FSSP est particulièrement active et vivace. Présente dans une quarantaine de diocèses, elle dessert des paroisses, chapelles et centres pastoraux, comme à Versailles, Lyon ou Bordeaux. Malgré la réticence de certains diocèses à accorder des paroisses aux abbés de la FSSP, le nombre de fidèles ne cesse de grandir. Plusieurs écoles, collèges et lycées, comme l’Institution l’Espérance en Vendée sont également dirigés par la FSSP.
