Infovaticana évoque les annonces de futures consécrations épiscopales de la FSSPX sous un autre angle en regardant le cas des consécrations épiscopales en Chine dont les évêques sont nommés par le gouvernement chinois sans forcément la nomination ou même l’accord de Rome (même si l’accord de 2018 entre la Chine et le Saint-Siège semble commencer timidement à faire évoluer la situation).
Tandis qu’on déplore qu’une fraternité sacerdotale catholique consacre des évêques pour garantir les sacrements aux fidèles catholiques, le Parti communiste chinois — athée, matérialiste et officiellement hostile à la foi — ordonne depuis des années des évêques à sa convenance, en sautant même l’accord déjà en soi lamentable signé avec Rome. Et rien ne se passe. Ou, plus précisément, il se passe exactement l’inverse : on sourit, on dialogue, on renouvelle la confiance et on élargit la marge de tolérance.
La question n’est pas rhétorique, elle est juridique et morale. Si le régime communiste peut imposer des évêques sans mandat pontifical et continuer à être traité comme un interlocuteur valide, avec quelle logique appliquera-t-on un critère plus sévère à une fraternité qui ne nie pas les dogmes, ne prêche pas le sédévacantisme et ne répond pas à un comité central marxiste, mais à une conception — discutable, oui — de nécessité sacramentelle objective ?
L’Église contemporaine a développé une théologie pratique curieuse : la désobéissance est tolérée quand elle s’accompagne de pouvoir politique et sanctionnée quand elle provient d’une structure ecclésiale inconfortable. Le problème n’est pas la consécration sans mandat ; le problème est qui la fait. Quand c’est le Parti communiste qui ordonne, on parle de « contexte complexe ». Quand c’est la FSSPX qui ordonne, on parle de « rupture ». La différence n’est pas théologique : elle est géopolitique.
Il est difficile d’expliquer à un fidèle pourquoi Pékin peut produire des évêques fonctionnels au régime et continuer en dialogue privilégié avec Rome, tandis qu’une fraternité née précisément de l’effondrement doctrinal et liturgique postérieur au Concile est traitée comme une menace à l’ordre ecclésial. Plus difficile encore quand ces fidèles voient fermer des paroisses traditionnelles, interdire des confirmations, bloquer des ordinations et suspendre des apostolats entiers par simple décision administrative.
