Mgr Joseph Strickland, nommé évêque de Tyler (Texas) par Benoît XVI en 2012, s’est imposé comme l’une des voix les plus conservatrices et médiatiques de l’épiscopat américain. Défenseur ardent du « dépôt de la foi » et critique régulier des orientations du pontificat du pape François — notamment sur le Synode sur la synodalité et les questions de morale — il a été démissionné en novembre 2023, après une visite apostolique.
Sur son site, il a réagi à l’annonce de la FSSPX :
La FSSPX et la question de la continuité apostolique
La situation actuelle concernant la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a une fois de plus révélé une réalité grave et non résolue au sein de l’Église – une réalité qui ne peut être ignorée, indéfiniment reportée ou à laquelle on ne peut répondre par le silence.
Dans les années qui suivirent le Concile, l’archevêque Marcel Lefebvre agissait avec la conviction que des éléments essentiels de la vie de l’Église – la formation sacerdotale traditionnelle, la théologie sacramentelle qui la façonnait et la messe qui avait nourri d’innombrables saints – étaient abandonnés, voire activement supprimés. La Fraternité Saint-Pie-X naquit de cette crise et, pendant des décennies, préserva ces réalités alors que peu d’autres étaient disposés ou autorisés à le faire.
Cette préservation n’était ni idéologique ni nostalgique. Elle impliquait que les évêques ordonnent des prêtres, confirment les fidèles et gouvernent de manière à ce que la vie sacramentelle traditionnelle de l’Église ne disparaisse pas durant une période de profonds bouleversements.
Alors que la génération d’évêques qui a porté cette responsabilité en premier lieu a en grande partie disparu, la Compagnie a maintes fois exprimé une préoccupation concrète : sans nouveaux évêques, la continuité de la formation sacerdotale et de la vie sacramentelle ne peut être assurée. Il ne s’agit pas d’une demande de nouveauté, de pouvoir ou d’exception. Il s’agit de savoir si ce qui a été préservé au prix de grands sacrifices pour le bien de l’Église risque désormais de disparaître par inaction.
Lorsque de telles préoccupations sont exprimées calmement, respectueusement et à plusieurs reprises – et lorsqu’elles se heurtent non pas à la clarté mais au silence – le retard lui-même devient une décision. L’inaction devient un jugement. Et le silence finit par tenir lieu de réponse.
L’Église est hiérarchisée par dessein divin, et l’autorité existe pour préserver ce qui lui a été confié. Cette autorité porte une lourde responsabilité : protéger le sacerdoce, assurer la continuité apostolique et s’exprimer avec clarté lorsque des réalités essentielles sont en jeu.
L’unité de l’Église ne se préserve pas par l’ambiguïté. La fidélité n’est pas une menace. La tradition n’est pas un ennemi. Lorsque ceux qui contredisent ouvertement l’enseignement de l’Église sont tolérés, tandis que ceux qui recherchent la continuité sont traités avec suspicion, il y a un renversement de situation.
Ce moment exige prière, honnêteté et courage – surtout de la part de ceux qui détiennent l’autorité. Le salut des âmes doit demeurer la loi suprême de l’Église. Le silence ne saurait être le dernier mot.
