Sur RITV, Jeanne Smits souligne que le cardinal Ernest Simoni s’est fait remarquer en ne concélébrant pas avec les autres cardinaux la messe du 8 janvier avec le pape.
On le voit à genoux durant la communion, pendant que les autres étaient assis (on aperçoit un clerc avec un ciboire juste derrière)… Cette désinvolture de nombreux cardinaux explique sans doute pourquoi ils n’ont pas voulu aborder le sujet explosif de la liturgie durant ce Consistoire.
Ce refus de concélébrer a une signification forte, selon Jeanne Smits, « martyr vivant » du communisme et toujours témoin de l’importance du saint-sacrifice de la messe. Comme toujours dans sa vie, Ernest Simoni a fait acte de résistance. Il était encore jeune prêtre en Albanie, son pays, à la Noël 1963, lorsque le régime communiste d’Enver Hoxha le fit emprisonner, torturer et condamner à mort sans procès, avant de commuer sa peine. Il avait décidé de célébrer la messe à la place d’un prêtre qui venait d’être emprisonné. En 1981, une fois libéré, il fut contraint par le pouvoir de travailler dans les égouts, et ce jusqu’à la chute du communisme en Albanie. Là encore, il continua de célébrer la messe clandestinement et d’apporter le Christ à ceux qui l’entouraient.
Le cardinal Simoni reste attaché à la messe traditionnelle ; il était présent lors de la messe du pèlerinage Summorum Pontificum à Saint-Pierre en octobre et, en tant qu’exorciste, a pris la parole à la fin de la cérémonie avant de prononcer la version longue de l’exorcisme de Léon XIII.
En refusant de concélébrer dans Saint-Pierre le cardinal Ernest Simoni n’a pas donné de raisons à son geste. Il n’a pas rejeté la messe du pape, il y a assisté comme cela se faisait toujours, jadis ; il a marqué par ses agenouillements, son recueillement toute sa révérence devant la Présence réelle qu’on adore.
Non, la concélébration, ce n’est ni automatique ni systématique.



