Le mardi 27 octobre dernier, une messe maronite a été célébrée au Centre Saint-Paul (chapelle de l’IBP située dans le 2ème arrondissement de Paris) par le père Chamoun, en présence de fidèles et des clercs qui desservent cette chapelle. Elle a été accompagnée de jolie chants entonnée notamment par une chantre. La messe a été suivie d’une conférence intéressante sur les latinisations, ces différentes démarches visant à emprunter certains aspects cultuels et liturgiques occidentaux pour les transposer aux communautés orientales unies à Rome. Le père Chamoun a placé ces démarches dans le contexte du mouvement initié par le concile de Florence de 1439. Malgré l’échec de l’union avec Constantinople, plusieurs communautés vont s’unir au siège romain, à l’exception des maronites qui se font l’honneur d’avoir toujours été avec Rome au point que Léon X les qualifia de « rose parmi les épines ». En effet, tout l’environnement des chrétiens orientaux était menacé par l’islam et l’emprunt aux latins fuit aussi une protection. Le processus d’union s’illustrera au 16ème siècle, au 17ème siècle, puis au 18ème siècle, même si, ultérieurement, il y eut d’autres unions (y compris en 1932, sous Pie XI, avec les syro-malankars).
Une latinisation qui s’est aussi faite du côté des communautés non unies à Rome
Si les communautés orientales unies à Rome adoptent des usages occidentaux, comme le calendrier grégorien, mais aussi les fêtes du Saint-Sacrement ou du Sacré-Coeur, il ne faudrait pas croire qu’il est le seul trait de l »uniatisme » (un grief fait notamment par les orthodoxes à l’encontre des gréco-catholiques). L’orthodoxie russe a aussi subi des latinisations (dans les icônes, par exemple) et au 19ème siècle, pour répondre à des théologiens qui avaient tendance à ériger la Vierge Marie en quatrième personne de la Trinité, on dut recourir à la théologie occidentale. Le sujet des latinisations est donc plus complexe. Comme le dit le père Chamoun, « tant que l’échange ne touche pas à l’essence de la foi, il est acceptable ». Et il y en eut beaucoup. Y compris dans l’autre sens comme avec la Vierge allongée de la cathédrale Notre-Dame de Chartres.
Une aspiration à l’authenticité
Du côté oriental, il y eut aussi des tentatives de « modernisation » des rituels au cours des années 1970, mais ils n’eurent pas de succès. Il y eut aussi des messes avec guitare chez Les divergences ne vont pas jusqu’à menacer l’unité des communautés, comme on le voit dans les séminaires maronites. Ainsi, c’est la grande différence par rapport à l’Occident. De même, la Guerre du Liban a empêché la dénaturation du rite maronite. Enfin, aujourd’hui, la jeunesse est attirée par une vie plus authentique.
