Surnommé en son temps le «patriarche saint», le patriarche maronite Elias Pierre Hoyek a été béatifié le samedi 25 juillet à la résidence d’été patriarcale de Dimane (Liban). La cérémonie était présidée par le cardinal Bechara Boutros Raï, patriarche d’Antioche des Maronites, et par le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère des Causes des saints, qui représentait le pape. Les autorités civiles, parmi lesquelles figurait le président Joseph Aoun, étaient par ailleurs présentes à cette cérémonie. Élias Pierre Hoyek a été patriarche de 1899 à 1931.
Un patriarche associé à l’indépendance du Liban
Né le 26 décembre 1843 au Liban, Elias Pierre Hoyek a été étudiant à Rome en 1866 avant d’être ordonné prêtre le 5 juin 1870. Après avoir enseigné la théologie morale, il a travaillé à la Curie patriarcale. Homme de prière, il avait confiance en la Providence: «Dieu pourvoira» était ainsi sa devise. Consacré évêque en 1889, il exerça aussi un rôle diplomatique auprès de plusieurs puissances (le Saint-Siège, la France, l’Autriche et l’Empire ottoman). Il est vrai que l’Église maronite était imbriqué dans un jeu associant plusieurs pays, dont certains devaient se retirer. Ainsi, la France exerça en Orient un « protectorat catholique » auprès de la Sublime Porte, lequel devait cesser en 1905 à la suite de la loi de séparation des Églises et de l’Etat.
Il joua ainsi un rôle dans l’implantation de l’Église maronite en Terre Sainte et en Égypte. On lui doit par ailleurs l’institution de la Congrégation des sœurs maronites de la Sainte Famille. Il exerce également un rôle au cours de la Première Guerre mondiale lors de la famine qui frappa le Liban par ses initiatives de charité comme l’ouverture du patriarcat. Enfin, en 1919 et en 1920, il défendait la mise en place d’un Liban indépendant. C’est aussi lui qui joua un rôle dans la cause de Charbel Makhlouf, Nimatullah Hardini.
